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  • Noblesse oblige... à ne pas s'endormir sur des lauriers fanés

    Au rugby ce n'est pas comme au foot: les lauriers ne mettent pas 12 ans à se faner !

    par Mezetulle

    "Apathique", "proche du néant" : ce sont les termes employés par Marc Lièvremont pour caractériser l'attitude du XV de France lors du test-match contre l'Argentine hier, conclu sur un score humiliant de 41 à 13 en faveur des Argentins.

    Des essais d'anthologie, notamment marqués par l'étonnant Felipe Contepomi monté sur ressort (mais qu'a-t-il mangé ?) dans de véritables "boulevards" qui s'ouvraient dans la défense française, des attaques mordantes, une défense à toute épreuve : on s'est régalé de voir jouer les Pumas, même si ça faisait mal de voir les Bleus décontenancés, balbutiant un rugby d'escargot.

    Bizarre impression tout de même, oui c'est vrai qu'ils ont le Top 14, les Six Nations et la H cup dans les jambes, mais nombre de joueurs argentins jouent aussi dans les clubs français... A part Swarzseski, Malzieu (Parra plus agité qu'énergique, mais enfin il se remuait !) j'ai vu des joueurs sans conviction. Sans conviction : dans mon esprit, c'est plus grave que "essoufflés", "dépassés", "surclassés".

    Sans conviction, comme s'ils regardaient en arrière, vers des lauriers qui commencent à se faner - les Six nations, la Coupe d'Europe, certes c'était bien, mais ça s'éloigne.

    Et attention, ici ce n'est pas comme au foot : on ne s'en laissera pas conter pendant douze ans !

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  • Supplique aux rugbymen : restez des gentlemen !

    Supplique aux rugbymen : restez comme vous êtes !

    par Mezetulle

    Devant la descente aux Enfers que vrille sous nos yeux l'équipe de France de football pendant cette Coupe du monde 2010, devant cet hymne célébré chaque jour à l'inculture, à la muflerie, à la grossièreté, au relâchement délibéré du langage et de la conduite, résultat d'années de démission en matière d'éducation, d'agenouillement honteux devant la mentalité de caïd qui s'affiche insolemment, je me tourne vers vous, joueurs de rugby.

    Oui, vous avez remporté cette année le Grand Chelem du Tournoi des Six nations, oui vous venez de battre les Pumas argentins au cours de votre tournée dans l'hémisphère Sud ; mais vous avez pris aussi une belle raclée contre les Springboks la semaine dernière : la question est de rester digne dans la victoire comme dans la défaite et de "se tenir". Restez comme vous êtes. Restez des gentlemen. Soyez fiers de votre force, de vos talents, de votre élégance sur le terrain comme à la ville, continuez à parler clairement et distinctement une langue que tout le monde comprend.

    On me dit souvent : "Dans quelque temps, ça viendra, les internationaux du rugby seront pareils à ceux du foot, ils ne penseront qu'à l'argent, et il y a beaucoup, beaucoup trop d'argent".

    Mais même s'il en était ainsi, même si les sommes en jeu au rugby atteignaient le niveau de celles qui circulent au foot, on n'est pas obligé, parce qu'on devient riche, d'être grossier et je m'en foutiste. On n'est pas obligé, parce qu'on devient riche et que les caméras sont braquées sur vous, d'exalter l'inculture et l'incivilité ; on n'est pas obligé de brandir des doigts d'honneur et de cracher des insultes en jetant l'anathème sur ceux qui se refusent à le faire. On n'est pas obligé d'humilier ceux qui gardent un peu de tenue et de dignité, de les étouffer dans une omerta destinée à protéger un groupe de "potes". On n'est pas obligé, en parlant à tout bout de champ de "respect", de n'entendre par là que "le respect qui m'est dû, à moi et aux miens en tout état de cause, quoi que nous fassions".

    Je sais bien que le rugby ne tient pas la route en l'absence d'un minimum de solidarité, je sais bien que la distribution des postes au rugby rend hommage à tous les gabarits, à toutes les habiletés et fait sentir à chacun que sa force et son talent ont tout à gagner de la force et du talent des autres, je sais bien que le rugby reste relativement protégé par sa complexité même, par le degré de raffinement qu'il exige, pour être compris, de ses supporters.

    Mais le rugby, comme tout le reste, n'est pas une île à l'abri de tout.  Il n'est pas plus protégé qu'autre chose de la culture de l'inculture ; car l'argent, même répandu outrageusement, n'explique pas tout. La culture de l'inculture, la célébration de l'incivilité commencent à l'école, elles commencent quand on punit un professeur pour avoir giflé un élève insolent ou brutal, quand on tolère que la mode soit aux fautes d'orthographe  et que l'ignorance devienne une "manière d'être" qu'il ne faut surtout pas "stigmatiser", quand on tolère que les cancres martyrisent les bons élèves.
    Alors commence le règne des petits caïds.

    Pour la première fois dans ma vie de supportrice, je souhaiterai demain la défaite de ceux qui ne sont pas dignes de porter le maillot national. Oui, je soutiendrai l'Afrique du Sud contre la France des caïds à laquelle je refuse mon assentiment. Du reste, je trouverais plus digne que la France se retire, qu'elle ne joue pas ce match qui sera de toute façon honteux: en cas de défaite, honte d'atteindre vraiment le fond du gouffre ; en cas de victoire, honte de voir triompher la mentalité de caïd.

    Joueurs de rugby, qui vous affrontez rudement, qui vous "chambrez" (et même un peu plus que ça) dans les mêlées, qui essuyez parfois vos crampons sur le dos de l'adversaire, mais qui ne discutez jamais une décision, qui ne rechignez jamais à l'entraînement, qui avez à coeur de vous battre et de gagner ou de perdre dans l'honneur, qui saluez votre public, qui, sur les plateaux tv, ne vous appliquez jamais à cacher que vous êtes intelligents et souvent cultivés, je vous supplie de ne jamais faire en sorte que vos supporters aient honte de vous et d'eux-mêmes. De vous parce que vous seriez les hérauts de l'inculture. D'eux-mêmes parce qu'ils concluraient qu'ils ont, par leur négligence, encouragé et élevé étourdiment un déni de civilisation.

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