18 mai 2008
Un ennui resplendissant
Quand du fécond printemps a resplendi l'ennui
par Mezetulle
Je n'osais pas écrire un article pour dire qu'on s'ennuie un peu en ce moment ; juste quelques petits événements, Montpellier bat Toulouse mais c'est sans grande conséquence... J'ai regardé, l'oeil morne, un match "pas beau" entre Brive et Paris - et ce n'est pas parce que mes chouchous ont perdu.. franchement le match n'était pas très palpitant : un duel de coups de pieds manqués... Pas de quoi me mettre une larme d'encre sous la plume.
Je n'osais pas, j'enviais presque les palpitations des footeux en transe ce week-end... quand j'ai cliqué sur le blog de Pierrot. Lui a osé, et magnifiquement. Alors je vous invite à lire l'article Taupe 14 ; il dit en peu de mots choisis et assonants (pas assommants) qu'il n'y a "Rien de neuf dans les galeries".
C'est ça la différence entre les philosophes et les poètes: personne ne s'ennuie à lire un poète qui dit qu'il s'ennuie... car il fait resplendir l'ennui, même quand ce n'est pas celui du "stérile hiver".
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24 novembre 2007
Cinq essais vus à contre-culture
Cinq essais (sur sept) vus à contre-culture : Stade français- Bayonne vu de Lille
En déplacement à Lille vendredi (après une conférence pour laquelle CitéPhilo m'accueillait - salle pleine et rencontre avec beaucoup d'anciens étudiants et de collègues qui m'a fait très plaisir), sans nouvelles d'un ami avec qui j'avais envisagé un possible dîner, je saisis l'occasion de cette soirée brusquement vacante et me mets en quête d'un bistrot où voir le match Stade français-Bayonne... Cette ville de Lille, je la connais plus qu'un peu, y ayant travaillé et habité une bonne partie de la semaine pendant 15 ans. Les pubs, les vrais, n'y manquent pas et l'ambiance y est chaleureuse, bourrée d'Anglais en fin de semaine qui viennent se régaler et faire un peu de bruit. D'après gérant de l'hôtel j'en trouverai bien un où ça peut se voir.
Seulement voilà, le vendredi soir, les Anglais et les Lillois, ils se contrefichent d'un match du Top 14, ils ont juste envie de manger, de boire de la bière, de faire la fête, de faire un tour de manège. Les écrans sont noirs. Devant ma déception, un barman sympathisant rugby me donnne le bon tuyau : il faut aller chez les spécialistes, ça se comprend rien qu'en entendant le nom du pub "L'Australian bar"... J'y cours, et j'y tombe plus qu'à plat. On me regarde avec un peu de condescendance. "Un match de rugby, quel match ?"... "Ah ouuuiiii ! Désolés madame, ici on regarde juste les matches internationaux".
Amis de l'Ovalie profonde, que j'ai chambrés si souvent sur ce blog : je n'ai jamais mieux senti ce soir-là combien Paris est une des villes les plus méridionales de France... Quand je pense qu'au même moment, au très provincial et reculé métro Saint-Fargeau, deux bistrots qui se font face rivalisent pour montrer ce que je veux voir... Et me voici au centre d'une métropole qui a une allure folle, dont la population est nombreuse et diverse, qui sait faire la fête... mais je dois me rendre à une évidence que je connaissais pourtant déjà : les écrans y crépitent pour le foot et - à la rigueur - pour le rugby des Nations.
Il est déjà 21h bien sonnées. Un peu découragée quand même, j'élargis l'aire de ma battue. Je quitte les lieux branchouille du vieux Lille, la rutilante Grand Place ornée de sa grande roue hivernale. A présent trop loin de Wazemmes (où j'aurais peut-être été plus chanceuse), je remonte, pour éviter les rues piétonnes où les restos alternent avec les fringues, la très banale et à peu près déserte rue du Molinel.
Mon seul espoir : tomber sur un bistrot footeux où on aura allumé la télé par habitude, histoire d'avoir un bruit de fond et des clameurs de goal.
Conduite par un reste de flair prolétarien, je reluque un troquet d'habitués qui s'appelle "La Terrasse". Juste un groupe au comptoir et sur le côté, une image télé qui s'agite. Trop de bleu, de rose, de rayures et de vert pour que ce soit du hip hop ou des clips "musicaux". Mais oui c'est ça ! Il faut que j'entre bien vite avant que ces quelques clients quittent les lieux et permettent au patron de tirer les rideaux déjà prêts.
Haletante, j'arrive pour la 45e minute. On me fait un accueil citadin, à la fois bien élevé et réservé, cachant tout juste un peu d'étonnement.
Et c'est ainsi que j'ai pu voir, dévorant ma soucoupe de cacahuètes devant une bière succulente à un prix défiant toute concurrence, cinq essais (1) d'un Stade français ayant à tous les sens du terme retrouvé ses couleurs pour mettre en déroute l'Aviron bayonnais...
Affamée et la tête dans les fleurs de lys roses, j'atterris finalement chez un grand classique "Aux Trois Brasseurs", pour un souper tardif. Devant mon potjevleesh, environnée de photos de cyclisme, j'avise dans la niche qui me fait face le moulage d'un joueur de foot en costume ancien. Désespérant de pouvoir parler de ce que j'ai vu ce soir, je branche le garçon sur cette figure légendaire (que je soupçonne être Just Fontaine, mais dites-moi votre avis - le costume est tout de même plus qu'années cinquante, non?) : il ne sait pas qui c'est !!!
A l'hôtel ce matin, le gérant prend des nouvelles de mes pérégrinations : "Alors ils ont gagné !!!" "-Comment, mais vous vous intéressez au rugby?". Avec un petit sourire modeste et comme pour s'excuser, il réplique -"eh oui... de temps en temps, c'est que, voyez-vous, je suis parisien!"
1 - Les essais de seconde mi-temps : Arias, Saubade, Bergamasco, Bastareaud, Burban, qui s'ajoutent aux deux marqués en première mi-temps (Saubade et Papé).
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18:25 Publié dans Mes coups de cœur, Top 14 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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08 novembre 2007
La Choule dans Libé
La Choule dans Libé
par Mezetulle
Le journal Libération du 8 novembre a été entièrement confié à des philosophes. Pari risqué de faire écrire ceux qui sont
plus habitués à la temporalité méditative qu'à l'urgence du quotidien. Mais pari légitime : car la philo est née sur l'agora et en principe elle n'a pas peur du tumulte.
A vous de juger si le pari est réussi. En commençant bien sûr par la page des sports.
La Choule, invitée à écrire un article sur le rugby dans cette édition philosophique, a choisi le tumulte et la rapidité de quatre matches des deux premières journées du Top 14 pour y comparer le rugby à un mille-feuille électrifié. L'article est magnifiquement doté d'une photo flamboyante (1) du premier essai de Clerc lors du match Stade Toulousain-Stade français du 2 novembre. Je dis bien doté, et non pas simplement illustré car la photo est trop bien choisie (merci le service des sports de m'avoir fait ce beau cadeau) pour être réduite à ce rôle subalterne...
Lire l'article en ligne. Voir la liste des contributeurs et lire un article de Robert Maggiori expliquant l'entreprise de cette édition.
Voir ce commentaire de Pinkcity sur le forum de Rugbyrama. J'en rosis de plaisir...
1 - Photo signée Romain Perrocheau, agence Icon Sport
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02 novembre 2007
La Choule en pause... pour la bonne cause
La Choule en pause... pour la bonne cause
par Mezetulle
Quoi, La Choule n'a pas publié depuis le 27 octobre?? Coup de pompe ? Essoufflement ? Exclusivité parisienne partisane? Allez, j'ajoute encore l'hypothèse la plus fantaisiste : limite d'âge ?
Meuh non (comme dirait Lio) ! Mezetulle est invitée à écrire un article dans
l'édition spéciale superchic de Libération du 8 novembre, entièrement rédigée par des "philosophes", coordonnée par Robert Maggiori avec le concours de CitéPhilo (que Mezetulle connaît bien, ayant participé à cette manifestation lilloise depuis sa création en 96) ; ça ne s'invente pas. Et devinez le sujet qui m'échoit ? Donc n'ayant pas le don d'ubiquité, ne pouvant pas jouer sur tous les terrains à la fois, je retiens mon souffle et ma plume (ou mon clavier) pour cette bonne cause.
Au programme du week-end : gavage de matches du Top 14 (à la télé car les déplacements ne sont pas prévus, euh d'ailleurs je crois que je n'aurais pas pu suivre). Brive-Biarritz ce soir, Bayonne-Dax demain, Toulouse-Stade français (aïe parviendrai-je à garder la tête froide?) dimanche. La totale. Avec un menu aussi copieux, je trouverai bien quelques petits trucs à me mettre sous la dent pour les faire passer à la moulinette conceptuelle dont j'affûte les lames...
Heureusement, cette moulinette n'a pas de fonction broyeuse, et j'essaie de faire en sorte que ses couteaux exaltent la saveur des objets qu'ils dissèquent sans les déchiqueter : j'aurai beaucoup de plaisir à regarder ce début de championnat où l'on continuera à saluer comme le week-end dernier, je l'espère, le retour du jeu offensif et gracieux.
En plus j'ai un bon prétexte pour regarder tout ça : c'est pour bosser !
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10 juin 2007
Fluctuat nec mergitur
Fluctuat nec mergitur. Paris champion de France
par Mezetulle
Le Stade français s'est fait très peur lors de la finale du Top 14 remportée hier soir sur Clermont (23-18) en vérifiant la devise de Paris "Fluctuat nec mergitur"... il flotte et n'est jamais submergé.
Je traduirais plus librement pour la circonstance : il boit la tasse en première mi-temps, puis sort la tête de l'eau en toussant, reprend son souffle, se souvient qu'il sait encore nager, retrouve son latin et arrache la victoire par deux essais (Pichot et Samo) transformés (Hernandez).
Car du flottement, il y en a eu en première mi-temps, pour tout dire calamiteuse côté parisien... Touches mal inspirées, mêlées en reculant, pénalités et drop manqués, et surtout l'absence de ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on y croit. Drapeaux roses en berne, figés dans un Stade de France principalement animé par les dynamiques supporters jaunes de Clermont, survoltés à juste titre car l'équipe de l'ASM Clermont est dominatrice, offensive, bien sur ses jambes et offre un très beau jeu qui se concrétise par un score on ne peut plus net et mérité à la mi-temps : 9-0 en faveur de Clermont, score aggravé de 3 points encore dans les premières minutes après la reprise.
Mais la seconde mi-temps a été ensuite le théâtre d'un retournement, avec un beau travail tactique du Stade, une excellente gestion des changements de joueurs (on appelle ça le coaching, non ?), une métamorphose physique et mentale qui s'installe et qui se matérialise dans un bouquet final.
Autant que dans l'expérience technique, c'est dans sa force morale, une morale toute simple qui ne cède ni à l'abattement ni à l'euphorie (mais j'y reviendrai, vous n'échapperez pas à un peu de philo...) que le SF est allé puiser sa victoire en surmontant un déficit de fraîcheur physique maintes fois souligné par la presse. Cette égalité d'humeur trouve son répondant efficace dans la régularité d'une saison exceptionnelle. Le treizième Brennus du SF ne s'est pas décroché, tel une fiente de pigeon, d'un ciel capricieux pour tomber sur la tête de Paris - c'est un trophée largement mérité qui lève et fleurit d'un sillon patiemment creusé sur les pavés!(1)
On en a vu de toutes les couleurs avec Christophe
(photo ci-contre repiquée sur le blog de Greg lundi matin), le papa de Greg avec qui j'ai assisté au match depuis la tribune Est - très bien placés dans la longueur du terrain juste avant le virage Nord Est. Et quel fin commentateur ! J'ai savouré,
grâce à lui, une analyse de match sur le vif. J'ai passé une excellente soirée et pas seulement parce que mes chouchous ont gagné. La satisfaction d'y comprendre quelque chose, d'avoir aussi un regard plus distancié, lucide, est bien plus agréable que la joie bête incapable de s'extraire de la glu de l'identification immédiate "on a gagné"... Merci Christophe pour ce regard serein, et aussi pour l'écharpe bicolore de la Finale Paris-Clermont !
Dans le RER à mon retour, une dame (pas tout à fait mon âge mais pas vraiment une minette) en bleu et jaune s'étonnait que les Parisiens une fois dans le métro n'exultent pas bruyamment et se contentent d'agiter les drapeaux roses avec un air béat et presque étonné : "vous ne faites pas la fête dans le métro ?" C'est que tout simplement ils ont eu peur et qu'ils n'en sont pas encore revenus ! C'est que peut-être comme moi ils goûtent le plaisir d'une victoire considérée avec un peu de recul. Et pourquoi écraser les autres quand on a senti pendant 70 minutes le vent du boulet?
C'est aussi, il faut le dire, qu'ils ont rendez-vous dimanche matin sur les Champs-Elysées pour fêter ça. Il va y avoir du rose pour enrubanner le bouclier de Brennus. La photo à droite a été prise lors de son passage à la fin du match, il faut vraiment le savoir : ça vous donne une idée de la nullité du reportage photo que je vais essayer de placer demain en album (2). J'espère que Christophe et Greg feront mieux sur le blog du Mini-jaune, ce ne sera pas difficile...
Greg ne pleure pas, j'ai confié à ton papa le tee-shirt rose que, suivant les conseils d'Ovalove, j'avais jeté sur mes épaules par-dessus le polo marine fleurdelisé. Il te le donnera de ma part et surtout dis-toi bien que c'est celui de La Choule avant d'être celui du Stade français. Plus une minisurprise jaune. Nous y étions !
Il est 2h, je vais me coucher, encore une rude matinée demain à arpenter les Champs-Elysées. C'est dur la vie de supporter, finalement.

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1 - Là, en me relisant, je trouve mon style un peu enflé... Je ne suis pas encore au niveau du Midol, mais le genre sublime n'est pas loin. Je suis sûre que Lio appréciera le rapprochement entre la charrue et le marteau-piqueur.
2 - Dimanche soir : l'album de la Fête du Brennus est en ligne. Voir aussi le match en photos sur le site de L'Equipe.
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06 juin 2007
Des billets mérités
Des billets mérités au prix de dures souffrances : une épreuve initiatique
par Mezetulle
Il faut les mériter, ces billets pour la finale du Top 14 samedi au Stade de France. Récit du parcours héroïque effectué par La Choule mardi 5 juin.
La finalité de l'expédition est bien sûr d'acheter des billets pour samedi soir au Stade de France. Je fais partie du "grand public" : il faut comprendre les personnes qui ne peuvent exhiber ni la carte rose des adhérents de l'association du Stade français ni un billet de la demi-finale à Bordeaux (ceux-là avaient droit à une séance spéciale de vente lundi). Il me faut donc entreprendre l'expédition mardi, jour de la piétaille, du tout-venant, des petits, des sans-grade.
Le but géographique à atteindre est la boutique du Stade français, près du Parc des Princes et du stade Jean Bouin, métro porte de Saint Cloud. C'est exactement à l'autre bout de Paris pour moi (départ Porte de Bagnolet). Ils ne peuvent pas avoir une boutique dans l'Est ou dans le Centre de Paris, non ?
Les obstacles sont grands. Une heure de métro, avec changement à Havre-Caumartin, toute la deuxième partie du trajet debout. Et lorsque j'arrive encore assez fringante devant la boutique vers 11h du matin (1h après l'ouverture des guichets), je comprends tout de suite que le tout venant est venu, qu'il est déjà là, et je commence à regretter d'avoir traîné un peu trop tout à l'heure devant mon café, d'avoir regardé mon mail avant de partir, d'être remontée chercher mes lunettes de soleil (si si, il fait très beau à Paris en ce moment), bref d'avoir perdu une bonne demi-heure en futilités et autres faux départs.
Voici à quoi ressemble le tout-venant qui était déjà là : une queue monstrueuse d'environ 200 personnes faisant le tour du gymnase what's-its-name-je-ne-sais-plus. Sur la photo on ne voit qu'une partie de la queue, mais il faut imaginer le virage à angle droit jusqu'à l'endroit d'où je prends la photo. Et encore, ça avait avancé le temps que je repère l'extrémité, que je m'y place, que je fasse connaissance avec mes voisins, que je prenne mes habitudes dans la queue et que je me décide au bout d'un gros quart d'heure à sortir le téléphone-appareil photo.
La progression est très lente ; on comprend que ce sera dur et stressant, qu'"on n'est pas sortis de l'auberge" et qu'on pourra peut-être en sortir les mains vides. Elle est entrecoupée de nouvelles plus ou moins alarmantes diffusées par un jeune homme très gentil qui passe la queue en revue, le téléphone portable collé à l'oreille, sourit et annonce "il reste x billets à x Euros, y billets à y Euros.." et chaque fois ça change, en baisse (pas les prix, le nombre de places).
Alors on calcule le nombre de places annoncées puis on divise le tout par deux (car chaque personne aura droit à deux billets pas plus et vous ne croyez tout de même pas qu'il y en a qui n'en prendront qu'un ?) et on compte les gens qui sont devant nous... L'effet de cette opération est déprimant. Je me dis : je suis juste à la limite, je vais rentrer bredouille (j'aurai au moins les photos de mon supplice et je pourrai me vanter bêtement dans le style boy scout "l'important est de participer"). Certains partent, découragés (dissuadés?). Avec mes deux voisins, un supporter de Clermont et un supporter du Stade français, on a sympathisé, on décide de s'incruster malgré tout, nous irons jusqu'au bout, peut-être pas jusqu'au guichet, mais jusqu'à ce qu'on nous congédie.
Puis le jeune homme finit par ne plus laisser entrer personne, il ne ferme pas la porte vitrée car il fait chaud, mais il éconduit fermement les nouveaux arrivants : inutile, il est certain qu'ils n'auront pas de billets. Cette fermeté me rassure : s'il refoule les nouveaux arrivants, c'est que les "anciens", ceux qui sont déjà là depuis... - depuis combien de temps déjà ? Une heure et demie - ont une chance ? Je fais quand même partie de ceux qui ont eu le droit de prendre place dans la queue : pas mal, non ? comme dirait Jane Fonda dans la pub pour la crème machin.
On s'installe dans la queue avec une certaine fierté, on prend ses aises, on se refile les journaux, on commente les derniers matches, on énumère les joueurs, les incertains, les blessés. On a même vu passer furtivement deux demi-dieux dans une allée longeant le bâtiment : Nicolas Jeanjean et Christophe Dominici.
Il y a du progrès : je peux voir le guichet dont je suis séparée par une vingtaine de personnes maintenant.
Puis les chiffres, après avoir baissé, remontent brusquement. C'est comme à la Bourse, il fallait avoir les nerfs pour laisser passer le mini-crack. J'imagine que les coups de fil avaient pour objet de racler les fonds de tiroir des places encore invendues mises à disposition des clubs dans tout le pays, pour les réinjecter dans les circuits qui "marchent" bien.
Au bout de deux heures et quart, sans boire et sans faire pipi, ça y est c'est mon tour ! Mon voisin me prend très gentiment en photo en pleine action, armée de ma Carte bleue et décorée de lys roses sur fond marine.
Je découvre avec effarement qu'il n'y a qu'un seul guichet, tenu par une ravissante jeune fille en polo rayé blanc-rose. Si la SNCF ou La Poste nous faisait ce coup-là, ce serait l'émeute. Mais là c'est tout le contraire, tout le monde est charmant, on caresse les billets tant désirés, on reste bien élevé, on ne les brandit pas au nez de ceux qui salivent encore dans la queue, mais peu s'en faut. On est presque content d'avoir fait cette queue : c'est comme si on avait réussi une épreuve initiatique pour entrer dans le cercle des bienheureux, ceux qui ont un billet pour le Stade de France. Les supporters, pour pouvoir supporter, doivent supporter...
La preuve que c'est une épreuve initiatique ? Mais elle est là sous vos yeux : c'est que je la raconte !! Je pourrais dire que j'y étais! Et non seulement j'y étais, mais ça n'a pas été donné à tout le monde de souffrir comme ça (revendiquer une souffrance collective, c'est le signe qu'un esprit de corps s'est installé et qu'on a droit à une certaine considération), je jubile d'une joie mauvaise en voyant à mon retour l'annonce toute guillerette et narquoise, un rien précieuse et en plus ornée d'une faute d'orthographe "à l'ancienne", qui s'affiche sur le site du Stade français:
Le Stade Français Paris n'a plus de places à vendre pour la finale. Les précieux sésames ont été littéralement pris d'assault [sic] par les supporters parisiens.
vous voyez bien, ils parlent même de moi !!!
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03 juin 2007
David jaune citron et Goliath rose bonbon sous pression
David jaune citron et Goliath rose bonbon sous pression
Clermont-Stade français finale du Top 14
par Mezetulle
J'avais eu le nez creux hier : oui Clermont a gagné sa demi-finale contre Toulouse, et c'est Greg qui est content! Un grand coup de chapeau à Aurélien Rougerie pour ce magnifique contre,
symétrique de celui de Brian Liebenberg la veille : ça nous promet une finale passionnante.
Bien sûr, autour de cette finale Stade français-Clermont on va lire et entendre toutes sortes de poncifs et de bons mots dans la presse spécialisée ou non, et je propose un petit florilège, un bêtisier anticipé...
La première perle n'est pas fictive, je l'ai déjà entendue à la télé : "L'Auvergne débarque à Paris". Comme si elle n'y était pas déjà, et depuis fort longtemps. Comme si la "province" naïve existait et qu'elle continuait d'écarquiller les yeux devant une capitale qu'elle a contribué à constituer, comme si les gares de l'intérieur, celles de l'exode rural (principalement Austerlitz et Montparnasse) continuaient à déverser des flots de bécassines... Comme si Paris n'était pas la première ville auvergnate et bougnate (1) de France. 
Comme si Pascal n'avait pas effectué sa célèbre expérience de "l'équilibre des liqueurs" conjointement sur le Puy-de-Dôme et sur la Tour Saint Jacques... d'où, bien entendu la "pression" que Clermont mettra et/ou subira (celle-là, je vous l'accorde, était vraiment facile).
Je garde pour la bonne bouche le gros de la troupe en chapelet, en grappe, en sautoir.
Avant le match. Le moyen d'éviter le combat entre le David clermontois, valeureux, authentique, probe, candide, un rien naïf, soutenu par les vrais connaisseurs du rugby profond et le Goliath parisien, matériau composite retors gonflé à coups de chèques, environné de supporters (et surtout de supportrices) incultes, de frimeurs attirés par les paillettes du showbiz ? L'épopée d'un rugby de vraie tradition perpétuée grâce au courage et à la fidélité en face de la pièce de boulevard mettant en scène un rugby de nouveau riche maintenu sous perfusion dans une bulle nordiste où il n'a pas vraiment sa place ? Je ne résiste pas à en ajouter une de mon cru : l'Ovalie semble s'étendre vers le Nord en ce moment, encore un coup du réchauffement climatique ?
Après le match, alors là je vous fais les deux gros titres - je m'en tiens aux thèmes fondamentaux sur lesquels il peut y avoir des variations. Première hypothèse, Clermont gagne : "Le miracle a eu lieu !" (comme si les joueurs n'y étaient pour rien) ; variante : "Clermont gagne son Paris" (j'espère quand même que ce n'est pas une allusion à Pascal). Seconde hypothèse, Paris gagne : "Le miracle n'a pas eu lieu..." (comme si les dieux des vestiaires avaient acquis une créance en béton - pardon, en bitume de trottoir - sur le bouclier de Brennus..).
On peut imaginer des variantes culinaires et météo-géographiques : on nous expliquera que le soufflé au Saint Nectaire est gonflé ou retombé, que la grisaille parisienne (sauf les jours où il pleut, il fait gris à Paris) a éteint les volcans ou que le feu des volcans a éclairé la grisaille, etc.
Mais la lecture des bons mots perlés et leur échange à la bourse de la tchatche fait aussi partie du plaisir. Gageons que ce ne sera qu'un plaisir annexe, préliminaire et auxiliaire, hors d'oeuvre (j'ai déjà commencé) et dessert d'un plat de résistance que nous dégusterons en regardant ces deux équipes jouer un beau rugby au sommet.
La Choule contiue bien sûr à s'habiller en rose bonbon et se félicite d'avoir choisi un design jaune, qui n'est pas seulement citron. Avec une touche de bleu ça ira ?
1 - A ne pas manquer pour préparer les chansons du match : une supervidéo en jaune sur le blog Mon Auvergne (qui est une partie du site Cyberbougnat - ça ne s'invente pas).
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02 juin 2007
Stade français : la régularité paie
La régularité paie. Stade français-Biarritz.
par Mezetulle
J'ai passé la soirée d'hier dans un bistrot parisien où j'ai suivi le superbe match BO-Stade français, remporté par le Stade français 18 à 6 (avec deux essais, dont un contre époustouflant de Brian Liebenberg).
J'avais promis, c'est vrai, les photos de ma tenue de supporter. Mais, pressée par le temps, (j'ai dû prendre un taxi in extremis, sortant d'un jury de thèse qui a duré plus de 4h : eh oui, ça aussi c'est une épreuve physique) j'y suis allée en "costume de ville"... petit ensemble jean très neutre qui ne vaut pas un portrait.
Et pourtant ce match-là, il aurait fallu le voir en grande tenue et drapeau au vent, ce match auquel j'aurais voulu être. Je dois dire que mon image de l'Ovalie Sud-Ouest en a pris un coup avec ce public démonté du stade de Bordeaux, sifflant copieusement les Parisiens sans aucun fair play - ceux-ci jouaient vraiment "à l'extérieur"! Mais peut-être fallait-il y être, comme je l'ai dit dans un précédent article ? D'ailleurs ce n'était pas mieux, mais pour d'autres raisons, dans le bistrot où je suivais la rencontre : franchement il n'y a qu'à Paris où pendant un tel match on se trouve environné de partisans hostiles à l'équipe rose. Je vous mets au défi de trouver ça ailleurs. C'est ça la grandeur d'une capitale : personne n'y est "d'ici"... tout le monde y est "d'ailleurs". Paris je t'aime parce qu'on s'enflamme pour le BO dans tes bistrots où il sera de bon ton dans une semaine de soutenir Clermont ou Toulouse, parce que tu nous montres que les racines, comme le chant des sirènes, sont intéressantes surtout de loin.
Et à lire le Midi Olympique paru le matin même, on ne donnait pas cher des maillots fleurdelisés : un pack diminué, une équipe essoufflée, à moitié à l'hosto (mais qu'est-ce que ça aurait été s'ils avaient eu la pêche ?). Oui un pack très limite, mais l'intelligence d'en faire sortir la balle très vite, malgré l'application de l'arbitre à faire recommencer chaque mêlée... tout cela avec une très bonne gestion du temps.
Le BO a montré son grand coeur (voilà que je commence à écrire comme le Midol maintenant !) et a dominé pendant dix minutes à couper le souffle (je parle de celui des spectateurs) en seconde période. Serge tu as été, comme d'habitude, impeccable. Mais ça c'est un peu gâté lorsque les biarrots ont commencé à soupçonner, à quelques minutes de la fin, que c'était possible de perdre...
Yachvili déclare juste après le match sur Rugbyrama :
On a été forts en mêlée, mais ils nous ont bien embrouillés, ils ont été malins et l'arbitre ne les a pas sanctionnés. Malheureusement, c'est comme ça.
Dimitri, mon petit prince si élégant d'habitude, je comprends que tu sois dépité, mais tu ne t'es pas vu toi-même arrosant copieusement de coups de poings un adversaire en marge de la bagarre générale !
Je garderai le souvenir de Fabien Galthié ce soir-là : sur son banc à la fin du match, froid comme une carpe, pianotant sur le clavier de son téléphone, exactement la même tronche qu'à la mi-temps alors que le Stade français était mené. Tu as raison Fabien et tu as la classe : il ne faut jamais croire que c'est perdu, jamais croire que c'est gagné, et même quand c'est gagné, il faut toujours penser que ça aurait pu être perdu. C'est l'image même de la saison irréprochable et de la régularité du Stade français.
Et maintenant, place à la demi finale Toulouse-Clermont : Greg, je pense moi aussi que Clermont est capable de gagner!
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28 mai 2007
Top 14 dans une cabine d'essayage
Je ne croyais pas si bien dire à la fin de mon précédent article : mes chouchous du Stade français, ayant remporté
samedi le match contre Agen, non seulement maintiennent leur première place au Top 14, mais il résulte de toutes les savantes combinaisons de ce classement qu'ils rencontreront en demi-finale ... Biarritz - mon chouchou Serge ! Au moins c'est un de mes chouchous qui gagnera de toute façon !
Et dire que je ne peux même pas y aller, à Bordeaux, le 1er juin. Je me contenterai donc de simulacres, en essayant de trouver une bonne âme abonnée à Canal + prête à m'héberger devant son poste de télé, et en sacrifiant aux rites alimentaires. Trouver un kebab qui sent la graille et de la bière ne devrait pas trop poser de problèmes.
Mais pour accomplir sérieusement ce rituel en toc et à distance, encore faut-il les ornements sacerdotaux appropriés et aux bonnes couleurs. C'est ici que la question devient délicate : car il va me falloir afficher les deux équipes. Non que j'hésite à m'affubler du choc des couleurs qui ne vont pas ensemble, en l'occurrence rose et rouge : j'ai déjà osé (voir photo). Mais justement, c'était pour une autre circonstance, du temps de ma niaiserie et de ça, comme dirait un célèbre philosophe helvète (1), on ne revient pas. Et puis on ne se montre pas deux fois avec la même toilette (demandez à Ségo ce qu'elle en pense, ou encore mieux à Elizabeth II).
Au lieu de pleurnicher dans le style d'Eve ("je n'ai rien à me mettre"), restons une femme de tête, inspirons-nous de la rationalité robuste diffusée par Elle et autres Glamour, réfléchissons en scrutant le placard à chiffons et à accessoires. Je garde le béret rouge qui peut aller pour les deux et le tee-shirt rose du SF (ça c'est ce qu'on appelle "la base"), j'ajoute une écharpe blanche d'écume océane, ça change tout. Rose blanc rouge, c'est superbement kitsch, ça peut en outre très bien se prolonger en maquillage, du reste ces couleurs qui estompent les rides (pardon, il faut dire : qui évitent de durcir le visage) conviennent parfaitement à une mémé (pardon, il faut dire : à une féminité mature) comme moi. Passons au reste des accessoires : je vire le drapeau rose que je remplace -ça c'est vraiment génial- par La Choule à dominante blanche dédicacée par Serge !
Voyons maintenant le bas. Il sera, c'est décidé, ordinairement habillé par le sempiternel jean bleu. D'abord ce sera l'indispensable note "décalée", destinée à éviter le ridicule du "tout coordonné" pratiqué par les pétasses "pas top" n'ayant aucune idée du dernier chic branchouille - je leur accorderai juste une note de rappel sur les grolles - tennis blancs et roses peut-être ? Ensuite, ce sera neutralisé, ininterprétable en couleurs héraldiques : car le blue jean justement est d'un bleu qui lui-même n'est pas une couleur (d'ailleurs il n'est ni de Biarritz ni de Paris mais Denim - de Nîmes), et ça ne compte pas dans l'affichage. 
Ah, cette idée d'une couleur qui n'en est pas une, encore un truc intello avec lequel je me refuse à alourdir cet article frivole que je préfère terminer sur une belle maxime macho empruntée à Marcel Proust :
"Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d'essayage".
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13 mai 2007
Le Stade de France comme à l'opéra !
Le Stade de France, comme à l'opéra ! (Stade français-Perpignan)
par Mezetulle
Cette rencontre Stade français-USAP Perpignan n'est probablement pas un match digne de figurer dans l'anthologie des modèles à étudier dans les académies. Les Parisiens ayant "assuré" le minimum, dominateurs dans la conquête du terrain surtout en 1ere période, les Catalans souvent privés de balle mais très rapides et dangereux en contre (ce sont eux, tout de même, qui ont marqué l'unique essai - Jérôme Porical...).
Impression que tout le monde était sur la corde raide, qu'il manquait de chaque côté le petit chouya, le je-ne-sais-quoi qui vous enflamme, qui concrétise ici la force et la régularité, là le panache et la fulgurance... Et que dire du rythme
haché, décourageant, de la seconde période? Comme un soufflé, pourtant très bien préparé avec tout ce qu'il faut de bonnes choses dedans, qu'on remettrait trop souvent au four, qu'un rien ferait monter mais qui retombe ? Il faut dire qu'une monstrueuse averse juste avant le coup d'envoi a transformé en cinq minutes la pelouse en patinoire et les balles en savonnettes... Un grand coup de chapeau à David Skrela pour ses buts impeccables. En revanche Nicolas Laharrague qui a manqué une transformation et une pénalité pour Perpignan n'était pas dans un bon jour... Supportrice de Paris, je suis vilainement soulagée devant cette malchance... mais pas fière : on aimerait applaudir l'équipe qu'on soutient avec des sentiments plus avouables que la "Schadenfreude" (1).
Mais là je me rends compte que je raisonne comme si j'étais restée devant mon poste de télé, alimentant mes commentaires de la lecture des sites internet pour avoir les détails techniques et disséquant le score très juste (12-11) en faveur de Paris.
Or j'y étais. J'y étais avec mon amie Marie, et à une très bonne place, juste au milieu du terrain, au 4e rang s'il vous plaît.... presque trop bas ! Allez, j'avoue tout maintenant : c'était mon baptême au Stade de France, et mon baptême pour un match de ce niveau, moi qui n'avais vu que des matches de collège... en plus la veille de mon anniversaire !
Et c'était comme à l'opéra (que je fréquente beaucoup plus que les stades, d'ailleurs c'est bien moins cher !).
Comme à l'opéra, j'ai savouré le charme de la présence ici et maintenant des corps, dans leur fragilité et leur splendeur, dans leurs ratés (possibles... et réels) et leurs excès de folie, d'adresse, d'ingéniosité, la performance individuelle des virtuoses qu'on attend au tournant et la majesté des choeurs qui poussent. Dans une salle d'opéra, ou de concert, le son des voix et des instruments est à la fois infiniment doux et infiniment fort, infiniment moelleux et infiniment perçant, infiniment flatteur et pourtant peu s'en faut que ce ne soit légèrement désagréable. Aucune chaîne hifi ne restitue cette sublime imperfection, cette certitude sous condition d'effondrement, ce plaisir qui peut se gâcher. Et ici c'est pareil : les corps qui se tendent, qui évoluent, qui attendent, qui courent, qui poussent, qui s'essoufflent, qui saisissent la balle et qui la ratent... sont à la fois infiniment puissants et infiniment dérisoires, infiniment adroits et incroyablement malhabiles. Alors même si j'ai le sentiment d'avoir assisté à une "générale" (où les chanteurs ne sont pas tenus de chanter à pleine voix) plutôt qu'à une "première" dans tout son éclat, le plaisir était là. Il faut y être !
Quant au gala, il dépassait nettement le niveau d'une "générale" : des dizaines de milliers de drapeaux roses agités par une foule familiale, applaudissant tous les points, saluant tous les beaux gestes. Les supporters de l'USAP n'étaient pas en reste, merci à eux d'avoir fait ce long déplacement un dimanche. L'avant-match annoncé par le Stade (pompom girls, cavaliers, catch américain, Gispy King) a tenu ses promesses, même si l'orage a fait fuir les chevaux et refluer tout le monde sous les arcades.
Mais il faut l'avouer, l'échauffement des joueurs qui se déroulait en même temps a pour
moi éclispé ces attractions. Je retiens dans ma mémoire (car les photos, n'en parlons pas, mon minable appareil n'a pas le téléobjectif qui convient... je l'ai sagement rangé après m'être contentée de photos de famille en marge du match : voir l'album), je revois dis-je les Parisiens, moulés dans un maillot rose "seconde peau" exécutant des passes sans ballon, réduites à une pure chorégraphie.
Seules les Girls du Moulin rouge ont pu soutenir la comparaison dans ce moment préalable : car elles ont réussi, tour de force, à rendre la chorégraphie encore plus puissante rien qu'en marchant et en s'immobilisant ; on en oubliait presque le ballon, le vrai, celui du coup d'envoi, qu'elles apportaient et entouraient... Et pour cela aussi, pour ces quelques secondes (parmi d'autres qu'on ne voit pas à la télé), il faut y être !
A voir : un reportage photo très complet sur le site SupporterBO
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1 - Mot allemand qu'on ne peut pas traduire par un seul mot en français : "se réjouir du malheur d'autrui".
23:05 Publié dans Mes coups de cœur, Top 14 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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