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Coupe du Monde - Page 2

  • Indigne ! France-Tonga

    Un désert physique, technique et moral qui met La Choule dans un désert intellectuel

    par Mezetulle

    Le score 14 à 19 à peu près présentable de cette honteuse défaite contre les Tonga n'est dû qu'à la maladresse (ou à la malchance ?) du buteur tonguien qui a raté plusieurs pénalités, et à une erreur tactique au moment où les Tonguiens voyaient un boulevard s'ouvrir devant eux pour marquer un second essai...

    Tonga : 150 000 habitants, une équipe nationale avec des ressources modestes, un coeur gros comme ça et pas mal de joueurs amateurs. C'est en population le calibre du Havre, de Dijon. Encore heureux que le Luxembourg (500 000 habitants, à peu près comme Toulouse) n'a pas d'équipe de rugby : on pourrait tout craindre !


    La Choule, blog intello, n'a rien à dire. Presque toujours une défaite est un objet de pensée et donne un aliment à l'analyse. Mais là, rien : devant le désert physique, technique et moral total qu'a offert l'équipe de France en spectacle au monde entier ce matin, je suis dans un désert intellectuel absolu, cherchant vainement une miette pensable dans ce désastre. Interdite : poussée dans une touche dont on ne revient pas puisqu'il n'y a même plus de terrain pour jouer et penser.


    Oui... on peut toujours avancer que le sélectionneur fait trop tourner les joueurs, qu'il n'y a pas d'automatismes, que le calendrier des compétitions nationales et internationales est infernal, que le Top 14 dévore toutes les énergies, qu'il aurait fallu faire entrer tel et tel à un autre moment, que tel ou tel n'est pas à sa place, etc. Mais quoi ? cela ne sera-t-il pas dit avec plus de force, de pertinence et d'humeur gouailleuse par d'autres que moi, plus talenteux en ces matières ? La Choule, sur ce terrain tactique et technique de cuisine rugbystique, serait presque aussi nulle que le XV de France aujourd'hui : passe encore pour la nullité, mais l'indignité, non !


    Allons plutôt nous soulager sur le forum de Rugbyrama.

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  • Pourquoi je ne serai pas devant ma TV samedi matin

    Pourquoi je ne verrai pas la rencontre France-Nouvelle Zélande samedi matin

    par Mezetulle

    Je ne regarderai pas le match France-Nouvelle Zélande. Non que je sois contaminée par la dépréciation qui entoure cette rencontre : "Ils alignent une équipe B" (on croirait entendre Guy Novès parlant des adversaires qu'il craint) ou "Il serait opportun et de bon calcul de perdre ce match"... Pas du tout.


    J'ai promis, il ya bien longtemps, bien avant de connaître le calendrier de la Coupe 2011, de participer à un "Banquet républicain" et je serai, au moment où le match se jouera, accueillie par mes hôtes... Pas moyen de jeter un coup d'oeil sur le moindre écran (à moins de me connecter furtivement sur mon smartphone en allant aux toilettes ?). Un banquet républicain,  je vous demande un peu : c'est presque aussi ringard que l'amour du rugby, non ?


    J'enrage. Mais c'est comme ça. Pas question de tomber malade, de prétexter ou de calculer je ne sais quoi pour rester à Paris le derrière vissé sur mon canapé. J'ai promis, j'irai.
    Le meilleur calcul, disait Descartes, c'est encore de ne faire aucun calcul : allez les Bleus, ne calculez pas, jouez !

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  • Les Springboks au sang vert

    Les Springboks au sang vert

     par Mezetulle

    Expression entendue hier sur quelques chaînes de tv, après la belle victoire des Springboks en finale. Dans un reportage dans les townships, déjouant toutes les attentes des bien-pensants qui auraient aimé déguster quelque déclaration accusatrice de restes d'apartheid, un adolescent noir hurle : "on a tous le sang vert  !" - allusion à la couleur du maillot de l'équipe nationale. medium_SpringboksWallpaper.jpg

    Et Laurent Bénézech, lors d'un débat sur la chaîne TV de L'Equipe hier soir, rappelait que l'entraîneur Jake White est resté "droit dans ses bottes" devant les énormes et multiples pressions communautaires de tous côtés qui souhaitaient des quotas : on prend les meilleurs. Nul besoin de quota, en effet, pour comprendre que Habana est un des meilleurs joueurs de rugby du monde! Et si le nombre de joueurs noirs est encore restreint, c'est avant tout dû à la structure sociale qui fit du rugby un sport élitiste en Afrique du Sud. Mais ne l'a-t-il pas été fort longtemps en Angleterre ? L'alibi de l'amateurisme n'a-t-il pas longtemps couvert en Europe une pratique jalousement aristocratique ? Alors laissons faire le temps et l'éducation (1).

    Ce grand pays travaillé par les contradictions et par une histoire douloureuse montre la voie : dans quelques années, lemedium_LaCoupe.jpg rugby, s'il sait se doter comme c'est probable de moyens pour être encadré et largement enseigné, ne sera pas seulement un sport véritablement national, il sera emblématique de la formation d'un peuple, laquelle n'a rien à voir avec celle d'une ethnie.

    On aimerait que la France reste fidèle à cette conception, qu'elle a pourtant contribué à inventer, et qu'elle le soit aussi dans son rugby. D'immenses zones urbaines sont à conquérir. On souhaite que l'Ovalie continue à sortir de sa "profondeur" territoriale - ce qui n'est pas encore gagné au vu de quelques propos célèbres sur "les bourgeoises de m..." qui, paraît-il, ornent les fauteuils du Stade français. Mais je n'épargnerai pas non plus ce dernier : il serait bien avisé, en dehors de ses excursions au Stade de France, de venir un peu plus souvent à l'est et au nord des quartiers chics de Paris...

    Au fait, La Choule avait risqué un pronostic, publié par le journal argentin La Nacion le 19 septembre. Y figuraient les Springboks en vainqueurs, et l'Argentine en possible outsider... Et bien entendu je m'y trompais comme tout le monde en avançant les All Blacks et l'Australie sur le 2e rang, et en faisant évidemment l'impasse sur une Angleterre alors au fond du trou. Mais quand même : pas trop mal pour une "bourgeoise parisienne de m..." non ?

     PS. Encore une semaine pour visiter l'exposition des peintures de Marine Assoumov au Stade de France (jusqu'au 30 octobre). Bonne occasion pour ceux qui, comme La Choule, assisteront au match d'ouverture du Top14 samedi 27 octobre : venez une heure plus tôt, ça vaut le coup ! Voir l'album du vernissage.

    1 - Voir sur ce sujet l'article de Stéphanie Platat dans l'édition électronique de Libération d'aujourdh'ui (à laquelle j'emprunte la photo Reuters).

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  • L'Argentine adolescente

    medium_PumasSpringboks_AFP_.jpgL'Argentine adolescente

     

    Le match Argentine-Afrique du Sud du 14 octobre a fait bouger bien des choses. Un titre très judicieux de L'Equipe disait "Les Argentins veulent grandir", faisant allusion à la fois au statut du rugby en Argentine et à la reconnaissance méritée des Pumas parmi les grandes équipes du rugby mondial, à leur intégration dans le tournoi prestigieux des Tri Nations.

    Mais grandir, ce n'est pas seulement être reconnu : c'est aussi perdre à ses propres yeux et aux yeux des autres le charme et la légèreté de l'enfance. Il faut y passer.
    Les Springboks et l'arbitre du match ont sur ce plan parfaitement réussi enfin à sortir les Pumas de leur aura et de leurs minauderies de petits garçons innocents: les voilà maintenant des joueurs ordinaires, des grands joueurs comme les autres.

    Le visage de Pichot est très expressif, il ne peut rien cacher des émotions qui l'envahissent. Il fallait voir sa pâleur lorsque l'arbitre lui a fait comprendre que "ça va bien maintenant, on arrête les gamineries". Ce n'est pas le fait d'avoir perdu qui l'a rendu pâle (car il n'y a aucune honte à perdre contre les Springboks et à ce niveau de la compétition) mais celui d'être déchu de la condition d'ange où ils ont plané pendant toute la CDM. Terminus, tout le monde descend du nuage! Il savent maintenant que le ciel peut s'obscurcir : il sont passés au-dessous des nuages.

    La vraie carrière de l'Argentine commence maintenant, dans la cour des grands, avec le doute, avec la pression qui pèse sur les grandes équipes, qui peut les rendre fébriles, maladroites, lourdaudes, et qui les somme de se surpasser pour gagner. Les voilà sortis de l'Eden (pas l'Eden park !) et précipités sur la terre, où il y a des sommets à gravir avec leurs vallées de larmes. Souhaitons-leur une belle adolescence, avec tous ses éclats et ses inconforts. medium_MontgomeryHabana.jpg

    Quant aux Springboks, pour ma part je les vois au bout, ils ont infiniment plus d'invention que les Anglais, et trois joueurs d'exception: Du Preez, Habana et le souverain Montgomery - un métronome sorti d'un tableau de Botticelli !

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  • Voici des roses méritées

    Voici des roses bien méritées

     par Mezetulle

    Voici des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches
    Et puis voici ce train qui s'éloigne sans nous
    (Verlaine / Serge Lama)

    Victoire amplement méritée en demi-finale pour le XV de la rose, qui revient de loin. Mais eux, ils ont aussi la culture du doute, ils connaissent l'amertume des défaites, et ils n'ont pas flanché. Que n'a-t-on pas dit des "vieux", des "usés" ? Ils sont là.

    De toutes les équipes rencontrées par le XV de France dans cette Coupe du monde, c'est à mon sens l'Angleterre qui a présenté la défense la plus étanche, la plus coriace, et le mental le plus constant.

    "Il s'en est fallu de peu" entend-on un peu partout ce soir sur les forums et dans les déclarations... Que non.. ce n'était pas de peu !  Quand on ne marque aucun essai, quand l'adversaire joue de malchance en ratant plusieurs pénalités et en mettant un drop sur le poteau, on peut encore s'estimer heureux d'un score honorable. Certes, la France a dominé la première mi-temps, mais sans résultat vraiment probant et s'est essoufflée à préserver un écart insuffisant ensuite. Le mental n'a pas résisté à cette non rentabilité : le piétinement du score en seconde mi-temps a enclenché une série de maladresses et de mouvements fébriles qui, sans atteindre le niveau de ceux qui ont coûté le match d'ouverture, ne pouvaient laisser espérer une issue favorable face à une équipe anglaise sans faille.

    Quelques esprits chagrins clament que "les Anglais n'étaient pas si brillants"... sans doute pas autant que lors de la magnifique rencontre du 11 mars dernier en Tournoi des VI nations qui a barré aux Bleus la voie du grand chelem. Mais ce soir et durant cette compétition, ils ont su douter encore mieux que nous et revenir du fond de l'abîme. Rien que pour cela, et même si ça ne leur fait pas plaisir, je leur décerne le prix du meilleur cartésien !

    J'applaudis les Bleus, qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes et qui ont su remonter un handicap que d'aucuns disaient fatal. Ce n'est pas rien d'avoir battu les Blacks et de leur avoir appris à douter.

    On se consolera en regardant demain soir quelques joueurs du Stade français sous le maillot rayé bleu et blanc de l'Argentine. Il ont un enthousiasme total qui fait du bien à voir - mais eux n'ont pas besoin d'être cartésiens: c'est le luxe que peuvent se permettre, une fois dans leur carrière, les challengers. Et si les Springboks gagnent, on aura le plaisir de voir le 20 octobre, outre un énorme match, le duel entre les plus raffinés des buteurs, le très élégant Montgomery et l'étonnant Wilkinson.

    Et, pour une fois, s'il pleuvait ?

    Voici des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches
    Et puis voici la pluie qui coule dans mon cou.

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    PS dimanche, 10h30. Encore un insolent très beau temps sur Paris... voilà qu'on fait partie des "pays imbéciles où jamais il ne pleut". Pas le moindre flocon de brouillard à "se mettre aux paupières" ni la moindre goutte pour couler dans mon cou. Ras-le-bol avec "l'azur, l'azur, l'azur"!!!